Champaillard à Orbé

Champaillard, était le lieu dit ou habitait mes grands parents côté paternel (Julien et Léontine).

Où ils élevaient un troupeau de chèvres (une vingtaine de mémoire).

Attaché au village d’Orbé commune de Saint-Léger-de-Montbrun 79,

Ils vivaient dans une maisonnette de la SNCF, le long de la voie ferrée Thouars/Chinon au milieu des bois, pas d’électricité, pas d’eau courante il y avait le puits, pas de gaz non plus. Le chauffage se faisait avec la gazinière à bois et la cheminée, l’éclairage les lampes à pétrole et les bougies provoquant des ombres le soir sur les murs, rappelant des personnages qui nous faisaient peur.

On cuisinait sur la gazinière à bois mais aussi dans la cheminée qui était très grande où, il y avait de temps en temps une soupe ou un pot-au-feu qui cuisait dans le chaudron pendu à la crémaillère.

L’hiver lors de nos vacances ont s’endormait dans un lit épais ; matelas et édredon en plumes et une brique chauffée enroulée dans un linge à nos pieds, que du bonheur !. Le matin en descendant de l’étage on sentait le feu de cheminée qui crépitait, les parfums de lait de chèvre chaud que l’on prenait au petit déjeuner et les odeurs de  pain grillé devant les flammes. Notre terrain de jeu c’était les bois que l’on connaissait par cœur.

Ma Grand-mère Léontine

Léontine (née à Triou de Mougon ; 79 entre Niort et Poitiers) s’occupait d’un immense  jardin qui était en contre-bas devant la maison. C’est elle, l’hiver qui coupait le bois ; arbres abattus, débités en bûches et les petites branches en fagots pour la cheminée. Sa cuisine suivait les saisons tous les légumes essentiellement du jardin, beaucoup de conserves qu’elle faisait elle même, beaucoup de confitures (fraise, tomates vertes à l’automne, sureau, prune, coing etc …).

Elle utilisait le beurre, le saindoux, l’huile de noix et les graisses selon la récupération des fabrications. Une quantité d’herbes aromatique qu’elle cueillait au fur et à mesure ou qu’elle faisait sécher pour l’hiver. Un élevage de lapins, poules (pour les oeufs), poulets, oies, canards,  dindes et cochons d’inde (élevés avec les lapins pour protéger des rats), tous ces produits alimentaient une superbe cocotte en fonte. Il ne faut pas oublier les rôtis de chevreau à l’ail vert à pâques.  La cuisinière à bois était toujours en marche, dessus il y avait en permanence une bouilloire d’eau bouillante et souvent un ragoût à mijoter doucement. La marmite pendu dans la cheminée à la crémaillère servait régulièrement.

Un goret (cochon) était tué de temps en temps dans l’année, donc conserves,
mise au sel , et un jambon était toujours accroché séchant pas loin de la cheminée. Je me souviens des montagnes de tourtisseaux saupoudrés de sucre glace, des grandes tartines de pain de 4 avec beurre et confiture au goûter de 4H00, des tartes aux prunes, Broyé du Poitou
La Grimolle du Poitou etc. .

Et mon grand-père, Julien (né aux Roches Prémarie Andillé 86 en dessous de Poitiers) s’occupait des chèvres, il les emmenait paître le long des chemins dans les bois, la traite le soir à la main, La confection de faisselles pour les Chabichous. Sinon il allait jouer à la belote au café du village que l’on appelait la Société (géré par ses adhérents).